Equipements de Protection Individuelles : comment bien les choisir ?
Les Equipements de Protection Individuelle (EPI) s’inscrivent dans une démarche globale de prévention. Lorsque les principes généraux de prévention (L 4121-2 du Code du Travail) sont insuffisants pour protéger complétement les travailleurs, les EPI peuvent compléter les moyens de prévention pour réduire l’exposition du travailleur au(x) risque(s).
L’objectif de ce blog est de fournir les informations nécessaires afin de sélectionner au bon moment et efficacement les EPI pour ses salariés.
Rôle et cadre règlementaire
Les équipements de protection individuelle, sont des dispositifs ou moyens destinés à être portés ou tenus par une personne en vue de la protéger contre un ou plusieurs risques susceptibles de menacer sa santé ou sa sécurité (Code du Travail : R4311-8).
Conformément à la réglementation, tout EPI mis à disposition doit obligatoirement porter le marquage CE (article R.4313-1), preuve qu’il respecte les exigences de sécurité en vigueur. Ce marquage doit être visible, lisible et indélébile.
Les EPI sont évalués selon des normes fixant les méthodes d’essais et les exigences de performance. Les indications figurant dans le marquage et les notices des EPI permettent de connaître leur performance respective.
L’employeur a l’obligation de :
- Mettre gratuitement à disposition des salariés des EPI adaptés aux risques présents sur le poste, (R4321-4)
- S’assurer qu’ils sont conformes, en bon état, et bien utilisés, (R4321-1)
- Former les salariés à leur utilisation et s’assurer de leur compréhension, (R4323-104)
- Renouveler ou remplacer les EPI usés, abîmés ou non adaptés. (R4323-95)
- Spécificité des EPI de catégorie III : vérifications périodiques réalisées par des personnes qualifiées (R4323-99 et 100). Formation pratique obligatoire des salariés. Tenir un registre de suivi.
Le salarié a l’obligation de :
- Utiliser les EPI fournis conformément aux instructions, (R4321-5)
- Les entretenir si cela lui est demandé (dans le cadre d’un usage normal), (R4323-17)
- Signaler tout dysfonctionnement ou défaut constaté. (R4122-1)
Quand et pourquoi utiliser des EPI ?
L’employeur doit effectuer une identification et une évaluation des risques au sein de son entreprise. Cette évaluation permet de prioriser les mesures de prévention à mettre en œuvre pour préserver la santé et la sécurité des salariés. Les mesures de prévention doivent permettre d’éliminer ou réduire le risque.
Les EPI constituent un moyen de protection d’une personne contre un risque, mais ils apparaissent comme le dernier moyen à mettre en œuvre.
Les mesures prioritaires doivent donc être d’éviter le risque, de le combattre à la source et de mettre en place des mesures de protection collective.
Si le risque ne peut pas être évité et que la mise en place de dispositifs de protections collectives est impossible ou insuffisante, les EPI doivent être mis à disposition afin de compléter les autres mesures de réduction du risque.
Et si le meilleur EPI était d’abord… l’anticipation ?
Le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) est l’outil central pour agir à la source, avant même de devoir équiper les salariés. En identifiant et en analysant les risques, il permet de mettre en place des actions de prévention adaptées, souvent plus efficaces et durables que le seul recours aux EPI.
Pour vous accompagner et initier votre démarche, retrouvez notre atelier dédié au DUERP :
Choisir ses EPI
L’EPI doit être adapté :
- au risque à prévenir
- au travailleur
- au travail à accomplir
Le choix de l’EPI est donc guidé par l’analyse du travail réel. Il tient alors compte :
- du niveau de protection nécessaire,
- de la durée du port,
- des contraintes de la situation de travail,
- de la compatibilité ergonomique avec l’individu et ses tâches.
Le choix de l’EPI doit alors prendre en compte son confort, les potentielles gênes occasionnées, s’il génère un nouveau risque, s’il est compatible avec d’autres EPI.
Exemple d’EPI de catégorie III : Harnais de sécurité, longes avec absorbeur d’énergie, appareils respiratoires isolants (ARI), équipements de protection contre le bruit très élevé (> 100 dB(A), combinaisons étanches aux produits chimiques, vêtements et équipements de protection contre les températures extrêmes, contre les arcs électriques, contre les rayonnements ionisants, contre les agents biologiques pathogènes…
EPI en fonction de la partie du corps à protéger :
Conditions de réussite
Sensibiliser les travailleurs au risque
Un EPI ne sera utilisé efficacement que si le salarié perçoit le risque réel qu’il couvre. Il est donc important de communiquer clairement sur les risques présents au poste de travail, leurs conséquences possibles et le rôle protecteur de l’EPI. Des campagnes internes, affichages, formations, retours d’expérience ou mises en situation concrètes peuvent renforcer la compréhension et la vigilance.
Tester les EPI en conditions réelles
Impliquer les salariés dans le choix des EPI est essentiel car cela permet d’évaluer son adéquation avec le travailleur et son activité, et donc indirectement de s’assurer de son acceptation. Effectuer des tests comparatifs permet d’évaluer le confort, l’ergonomie, l’adéquation à l’activité et les ajustements nécessaires. Les EPI doivent être adaptés à chaque individu, notamment en tenant compte des différences physiologiques entre hommes et femmes. Tester les EPI en conditions réelles permet également de s’assurer que l’interaction entre plusieurs EPI est possible (par exemple : masque + casque + protection auditive…). Tous ces facteurs vont être déterminant dans l’acceptation et l’utilisation effective finale des EPI.
Former les travailleurs au bon port des EPI
Une formation pratique est indispensable pour garantir une utilisation correcte des EPI. Elle doit expliquer :
- Quand porter l’EPI.
- Comment le mettre, l’ajuster et le retirer en toute sécurité.
- Comment l’entretenir (nettoyage, stockage).
- Quoi faire en cas de défaut constaté.
Assurer l’entretien et le remplacement régulier
Un EPI usé ou endommagé perd en efficacité. L’employeur doit mettre en place un suivi d’entretien, un remplacement en cas de défaut et un stockage approprié.
Pour les EPI de catégorie III, cette exigence est encore plus stricte : un contrôle périodique documenté, par une personne qualifiée, est obligatoire afin de garantir leur fiabilité face à des risques graves ou mortels.
Les points clés à retenir
Après avoir appliqué les principes généraux de prévention (élimination du risque, protections collectives) et vérifié que le recours aux EPI est pertinent, la démarche d’intégration repose sur les étapes suivantes :
- Choisir l’EPI adapté : en fonction du risque à prévenir, zone du corps à protéger, niveau de performance requis.
- Vérifier la conformité : Marquage CE, normes applicables
- S'assurer de l’adéquation avec l’activité
- Garantir confort et ajustement
- S’assurer de l’acceptation des collaborateurs
- S’assurer de leur bonne utilisation et de leur état
Rédacteur : Jade RIDARD, Préventrice STDV